Changement d’océan, après le Pacifique on rejoint la côte atlantique, ou plutôt côte caribéenne comme on dit ici. Et on change d’atmosphère. A l’ouest du pays l’influence des Caraïbes est grande. Les premiers arrivants afro-caribéens étaient de Jamaïcains employés pour construire la voie ferrée qui relie les plantations de bananes et, aujourd’hui encore, il y a tout un mélange de populations des îles qui se retrouve de ce côté. Ambiance plus décontractée, ici les locaux portent des dreads, écoutent du reggae et vénèrent Bob Marley dont le portrait se décline sur une myriade de produits dans les étals des petits vendeurs de souvenirs, tous noir-jaune-rouge et vert… tout ça sur fond d’odeur d’herbe…
Nous, on profite de la mer, plus calme que le Pacifique et on passe notre temps à dégoter des paresseux dans les arbres. Ils sont ici légion et leur doux sourire béat nous pousse à croire que eux aussi sont sous influence…

Si on s’éloigne un peu de l’océan, on tombe inévitablement sur les plantations de bananes qui recouvrent tout ce coin du pays. Il faut dire que le petit Costa Rica est le deuxième plus grand exportateur de ces fruits après l’Equateur. On croise donc sans cesse des camions Chiquita, Del Monte et Dole qui acheminent leur chargement vers le port de Moín d’où les cargos partent en direction des Etats-Unis et de l’Europe. Les bananes rapportent des sous au pays, certes, mais elles sont ramassées par des petits nicaraguayens sous-payés et les grands lobbys des producteurs de bananes insistent régulièrement pour obtenir davantage de terrain pour leurs plantations, au détriment de la forêt, bien évidemment. Et là n’est pas le seul problème, les bananiers sont des arbres très gourmands qui appauvrissent rapidement les sols sur lesquels ils sont plantés, les fermiers sont donc contraints de recourir à de grandes doses de fertilisants pour faire tourner leurs cultures avec un bon rendement. Ces fertilisants (et pesticides également) finissent ensuite dans les rivières puis de facto dans la mer où ils détruisent le peu de coraux qu’il reste…
A Manuel Antonio, sur la côte pacifique centrale, règne une ambiance de terreur. Alors que les touristes se prélassent au soleil ou vont faire trois brasses dans la mer, ils sont surveillés. Pas par Mitch et Pamela mais par des êtres bien plus malveillants qui travaillent en bande et qui, sournoisement, attendent la moindre opportunité pour les dépouiller. Deux mafias s’affrontent pour le contrôle de la plage, d’un côté, les Capucins, de l’autre les Ratons. Chaque groupe a développé une technique d’attaque différente : les Capucins guettent, couchés sur une branche, tandis que les Ratons font mine de se promener innocemment. Les deux approches fonctionnent, les sacs disparaissent de la plage et sont vidés dans les buissons, à la recherche des denrées comestibles. Et au milieu de tout ça, les touristes sont impuissants et ne peuvent que constater les méfaits. Pas de police à qui déclarer le vol, c’est une mafia qui a ici ses droits, on est dans un parc national.
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Pas de jaguar, ni de puma, ni d’ocelot, bouhouh. Aucun félin donc mais on s’y attendait… En revanche on a eu droit à un festival de vie sauvage, jamais nous n’avions vu autant d’animaux lors de nos sorties : dauphins, crocodiles, singes, coatis, agouti, paresseux, peccaris, cerf, lézards, iguanes, grenouilles, serpents et même un tapir ! Trop cool. Et c’est sans compter la huitantaine d’oiseaux différents, ce qui représente 10% du nombre d’espèces d’oiseaux présents au Costa Rica. Et tout cela dans un décor de rêve en plus… La péninsule d’Osa, sur la côte sud pacifique du pays, est bordée au nord de mangroves et marais que nous avons visités en kayak. Et c’est depuis un de ces frêles bouts de plastique flottants que Julien a pu approcher de tout (trop) près un crocodile qui se dorait la pilule au soleil. Sympa. Heureusement que cette rencontre a eu lieu sur la fin de notre expédition car Julia aurait fortement flippé de savoir qu’elle pagayait au milieu des crocos et caïmans…
Et une fois sur la péninsule elle-même nous avons exploré le parc national de Corcovado qui s’y trouve et avons également marché le long de la côte où, à chaque détour, nous tombions sur une nouvelle petite baie paradisiaque et déserte, bordée de cocotiers et baignée de soleil… Carte postale ! Quant à la jungle, elle était très belle et à notre grande surprise totalement dépourvue de moustiques et de sangsues, quel plaisir ! La saison sèche ici l’est réellement, pas une goutte de pluie et des sols tous secs, ça change des forêts d’Asie du sud-est.
La prochaine fois, on reviendra super équipés pour trouver les félins et passer plusieurs jours au fond de la jungle. Là, il nous manque quand même le matos de camping et les hamacs de l’armée américaine avec moustiquaire intégrée !
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Le quetzal. Ou plutôt le quetzal resplendissant, c’est son nom complet. On n’est donc pas allé pour rien à San Gerardo de Dota, dans la montagne au si joli nom de « Cerro de la Muerte » (montagne de la mort). On nous avait dit que c’était un bon coin pour trouver cet oiseau mythique qui avait tant d’importance dans les communautés indigènes. Aujourd’hui, son existence se trouve fortement menacée à cause de la destruction de son habitat. En effet, le quetzal se nourrit quasi exclusivement de petits avocats sauvages et la disparition de ces derniers entraîne du même coup l’extinction de la race. Au Costa Rica, on trouve encore assez de ces avocatiers et il « suffit » donc de se rendre dans une zone où ils sont en grand nombre pour avoir une chance d’apercevoir un quetzal. C’est donc ce que nous avons fait, avec l’aide d’un guide le premier jour, ça aide pour repérer les avocatiers porteurs de fruits.
Le premier jour donc, on revient bredouille avec le guide quand soudain, on aperçoit une grande excitation sur la route. Le guide d’un autre groupe a repéré un quetzal dans un arbre au loin. Les longues-vues sont déployées. Trop beau, il est là, posé, et en plus c’est un mâle ! Et alors qu’on l’admire il s’envole et passe quasi au-dessus de nos têtes. Dans les rayons du soleil il est vert resplendissant et ses plumes arrières flottent comme des rubans de satin derrière lui, MAGNIFIQUE.
Le lendemain, alors qu’on marche sur la route qui se trouve en surplomb de notre lodge, Julien aperçoit soudain un mâle quetzal se poser dans l’arbe juste au-dessus de NOTRE cabine. Nooooon !!!! On est 300m plus haut !!! Vite, vite, on décide de descendre la pente très très raide. Au bout de quelques mètres Julia abandonne, c’est quand même plus qu’un talus… et court pour faire le tour par la route. Julien continue à dévaler la pente tel un dahut. Au final, Julia a fait de l’exercice pour rien et Julien est juste parvenu in extremis au pied de l’arbre, le temps de prendre une photo floue (la molette de réglage avait tourné dans la descente…) et le quetzal s’en est allé. On est quand même drôlement chanceux de l’avoir vu deux fois, on a croisé des gens qui le cherchent depuis des jours sans succès… Hé hé. On espère avoir autant de chance pour le jaguar (mais bon, c’est un niveau de difficulté supérieur).
Donc, comme la photo est très abstraite on vous met un dessin de Julia et d’autres petits piou-piou qui traînaient dans le coin.
On est à présent au bord de la mer, sur la côte Pacifique, il fait une chaleur folle, l’eau de l’océan est même chaude et on pense bien à vous
. Dans quelques jours on va essayer de dégoter des félins dans la jungle du parc national de Corcovado, tout au sud du pays.
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Nous y voilà, on en rêvait depuis longtemps, on est dans un pays sans armée… 
Enfin, on n’est pas venu ici pour cette raison mais plutôt pour essayer de dégoter un quetzal et un jaguar, rien que ça… C’est le début, on est encore plein d’espoir. Pour le moment, pas encore l’ombre d’une plume ou d’un queue tachetée, on se trouve dans la capitale, San José, et on encaisse le choc du décalage horaire et du froid. Eh oui, on est à 1150m et même si c’est sous les tropiques, ça caille. Il fait entre 15 et 22 °C mais après l’extrême chaleur de l’été sudaméricain ça nous pousse à ressortir les polaires…
On s’habitue à des accents différents, avec des mots différents et on essaie de s’organiser pour la suite du périple. Visiblement, sans voiture, ça n’a pas l’air d’être très facile mais on y arrivera !
Après un petit tour au musée de l’or pour voir ce qui a motivé les Espagnols à nommer le pays « Costa Rica » on est aussi allé jeter un coup d’oeil au volcan Poás, encore en activité, et Julia a enfin pu voir un « vrai » cratère (ie : un gros trou).
Après notre second passage chez Louise à Valparaiso, au Chili, voici les photos de cette jolie ville colorée et pleine de fresques murales. (voir notre article sur Valparaiso)
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Publié dans Photos Chili
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Quand on est parti j’ai dit à Julien « Tu crois qu’on atteindra la page du canton de Vaud dans notre passeport ? ». Grâce aux multiples traversées de frontières entre l’Argentine et le Chili, c’est chose faite, la page du canton-maison est maintenant tatouée ! Julien n’y est pas encore, les douaniers se sont montrés plus économes en pages pour son document…
Demain, on remplira à nouveau les pages : on s’envole pour le Costa Rica!

Publié dans Argentine, Chili
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S’il y a bien un adjectif qui peut définir l’Argentine, c’est « colorée ». Le pays est si grand, les paysages si différents, les gens si sympathiques, le parcourir c’est comme effectuer plusieurs voyages en un. Des facteurs communs demeurent : le maté, les asados, le dulce de leche et l’espagnol chuinté mais après avoir passé deux mois dans le pays, on sait qu’on est loin, très loin, d’en avoir exploré toutes les facettes.
Notre changement de programme imprévu nous a en tout cas permis de découvrir un lieu absolument incroyable, caché au sud de la province de Mendoza. A une centaine de kilomètres de Malargüe, on trouve la réserve de la Payunia, un monde tout droit sorti d’une autre planète. Plus de 800 volcans sont répartis sur 450’000 hectares et on ne vient pas spécifiquement pour en voir ou grimper un en particulier mais plutôt pour admirer l’étrange paysage qu’ils ont façonné. Un gros volcan « père » et ses sub-volcans « fils » sont entrés en éruption il y a 10’000 ans et ont altéré le paysage de leurs coulées de laves et pluies de « bombes ». D’après notre guide ils sont à présent tous endormis mais nous ne sommes pas experts en vulcanologie et c’est ce que nous avons retenu des explications en espagnol… Dans tous les cas, même sans les détails techniques, c’est juste hallucinant. Si on avait pu, on y serait resté plus longtemps mais comme on était contraint de visiter avec un tour organisé (seule option possible) on a eu qu’un mini aperçu de la zone. Enfin voilà quelques photos et notez que, malgré les conditions assez « pauvres » de la zone, il y a toute une foule d’animaux qui parviennent à y vivre. D’ailleurs, lors de notre pause pique-nique de midi nous avons été rejoints par des petits « cuis chico » (mini cochon d’Inde), moineaux et lézards gloutons. Trop chous !
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Il fait chaud, la plupart des gens recherchent donc la fraîcheur de la montagne pour les vacances, nous faisons donc pareil. La fraîcheur est toute relative (quand même environ 27°C à 1700m…) mais la foule elle est bien là. Il faut dire que la région autour de Cafayate, dans le nord-ouest argentin, est quand même fort jolie. Il y a d’abord l’attraction phare du coin, la Quebrada de las conchas (Canyon des coquillages, appelé comme ça car toute la région était sous l’eau il y a des millions d’années) et puis les vignobles les plus hauts du monde. Plantés à environ 1700m d’altitude, avec même un vignoble Guinessbooké à 3111m, les vignes bénéficient d’un climat très ensoleillé et sec, avec de grandes amplitudes thermiques entre le jour et la nuit. Les cépages les mieux adaptés à ces conditions sont donc utilisés. La star de ces cépages est le Torrontés, un blanc qui sent le muscat sans en avoir le goût et qui est succulent et très rafraîchissant.
A une heure de Cafayate, dans la province voisine de Tucuman, on trouve les ruines de Quilmes, du nom du peuple qui a su résisté encore et toujours à l’envahisseur (Incas puis Espagnols). Bon, ces derniers ont quand même réussi à faire tomber les Quilmes après pas moins de 130 ans de conflit (ily a dû avoir une rupture de stock de potion magique). Niché entre deux montagnes, les ruines ont été pour la plupart reconstituées, pas de manière très archéologiquement correcte paraît-il mais l’effet n’en est pas moins saisissant. Surtout que des énormes cactus (cardones) ont poussé entre les pierres, ce qui donne un charme supplémentaire au lieu. On vous laisse juger par les photos.
Les premières images sont de la Quebrada et celles avec plein de cactus géants et de vieilles pierres
sont celles de Quilmes.
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Il neige, il vente et il fait froid en Suisse, normal, c’est l’hiver. Mais comme nous sommes dans l’hémisphère sud ici c’est l’été. Et comme les petits européens au mois d’août, les petits sud-américains sont à présent en vacances. En Argentine, cela se traduit par des hordes de backpackers argentins qui visitent leur pays, il en résulte des monstres files d’attente dans les gares routières, des auberges surbookées et beaucoup de monde partout. Ils sont drôles les jeunes argentins bohèmes qui se promènent tous avec leur tente de camping et leur guitare, on se croirait planté au milieu de la foule du camping du Paléo… version hispanophone, avec thermos sous le bras à la place du pack de bières…
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On râle donc un peu parce que tout ce petit monde nous a quand même grillé notre programme qui était de nous rendre dans le désert de l’Atacama au Chili depuis le nord de l’Argentine. Eh oui, nous avons découvert dépités que tous les bus se rendant là-bas sont complets pour les 2 semaines à venir et nous ne pouvons malheureusement pas attendre aussi longtemps étant donné que nous avons notre vol pour le Costa Rica le 25 janvier depuis Santiago. M****. Changement de programme donc, nous visiterons cette partie du monde une autre fois, faut bien se garder des destinations pour le futur. Nous voilà donc contraint de rebrousser chemin ! Essayé pas pu !